Homo Natura

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Il n’y a pas davantage de distinction homme-nature: l’essence humaine de la nature et l’essence naturelle de l’homme s’identifient dans la nature comme production ou industrie, c’est-à-dire aussi bien dans la générique de l’homme. L’industrie n’est plus prise alors dans un rapport extrinsèque d’utilité, mais dans son identité fondamentale avec la nature comme production de l’homme et par l’homme. Non pas l’homme en tant que roi de la création, mais plutôt celui qui est touché par la vie profonde de toutes les formes ou de tous les genres, qui est chargé des étoiles et des animaux même, et qui ne cesse de brancher une machine-organe sur une machine-énergie, un arbre dans son corps, un sein dans la bouche, le soleil dans le cul: éternel préposé aux machines de l’univers. C’est le second sens de processus; homme et nature ne sont pas comme deux termes l’un face à l’autre, même pris dans un rapport de causation, de compréhension ou d’expression (cause-effet,sujet-objet, etc), mais une seule et même réalité essentielle du producteur et du produit. La production comme processus déborde toutes les catégories idéales et forme un cycle qui se rapporte au désir en tant que principe immanent. C’est pourquoi la production désirante est la catégorie effective d’une psychiatrie matérialiste, qui pose et traite le schizo comme Homo Natura.

L’Anti-Oedipe – Gilles Deleuze & Félix Guattari – Editions de Minuit – 1972 – page 12

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