Je suis Poumiste

 

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L’apport politique de Jean Oury, Journée de l’élan retrouvé

Politiquement, Jean Oury se définissait comme POUMISTE, à la suite de son maitre et ami, François Tosquelles.

 

Le POUM et la Révolution espagnole

Etre poumiste, c’est rappeler que derrière le nom de guerre d’Espagne, c’est une vraie révolution qui s’est déroulée entre 1936 et 1938 dans les villes et les campagnes espagnoles. Et cette révolution a entrainé des millions de paysans et ouvriers anarchistes et poumistes qui ont transformé de fond en comble les relations de pouvoir et la production économique.

Etre poumiste, c’est affirmer que les hommes se transforment, se désaliènent, en révolutionnant le monde.

La contre révolution menée par le Parti Communiste Espagnol, stalinien, a commencé par réintroduire les grades dans l’armée, avec le vouvoiement obligatoire des plus gradés que soi, et l’interdiction faite aux femmes de continuer à porter des armes et à s’en servir. C’est aussi la destruction des collectivités agricoles durant l’été 1937 et la remise des terres et des usines aux propriétaires qui n’étaient pas passés du côté de Franco. Elle est allée ensuite jusqu’au massacre des anarchistes et des poumistes par le PCE et l’armée républicaine agissant main dans la main

 

Jean Oury disait ne pas être anarchiste ; il les trouvait trop naïfs, mais cela ne l’empêchait pas de leur tirer la révérence : la fonction Club n’est jamais mieux présentifiée que dans les expériences de collectivisations anarchistes pendant ces trois ans de liberté en Espagne. 
Jean n’était pas trotskiste, car non léniniste, mais comme lui, antistalinien de la première heure, et adepte de la Révolution permanente, dialectique de l’institutionnalisation permanente du Collectif, à laquelle on doit apporter la plus grande attention, sous peine de voir resurgir la gangrène des micro-nationalismes bureaucratiques les plus aliénants.

Jean Oury aimait rappeler que « Le POUM, c’est le comité hospitalier, et le Club thérapeutique, ce sont les expériences des collectivités agricoles ou urbaines pendant la Révolution espagnole ». Ces mêmes collectivités qui ont couvert le nord de l’Espagne dès la victoire électorale du Front Populaire, dépassant largement son programme et ont décuplé après le coup d’état de Franco.

On voit là toute l’importance des références à la Révolution espagnole au cœur de sa pratique à la clinique de La Borde et de sa théorisation d’une psychothérapie institutionnelle qui s’attache à instituer cette fonction Club, véritable poumons de la vie quotidienne de tous les lieux dits de soins ou pas.

 

Le travail comme essence de l’homme

Jean Oury nous renvoyait souvent au texte qu’un universitaire Danois, Niel Egebak, lui avait envoyé autour des années 2000, intitulé « le concept de travail en général chez Marx ».

Ce texte interroge le statut du travail dans ce qu’il nomme « l’économie générale », celle qui règle tous les rapports de travail dans la communauté humaine, même ceux qui ne sont pas objectivés dans la production marchande (ce qu’il appelle à la suite de George Bataille « l’économie restreinte »), et va le confronter à la genèse du de la conscience pour en conclure que le procès de travail est production de conscience.

Ce concept de travail est probablement un des apports fondamentaux que nous a transmis Jean Oury pour la pratique psychiatrique.

Pour Marx, le travail est l’essence de l’homme. C’est-à-dire que c’est par le travail que les hominidés, nos cousins les plus proches, se sont distingués du monde animal. Il y a Lucy, la première bipède, mais très vite ce sont les outils taillés par ces homo-archaïques, qui guident les paléontologues. Le plus connu est le biface dont le plus ancien remonte à 1,7 millions d’années.

La parole est même seconde dans la lignée des homos dont l’homo-sapiens que nous sommes est le dernier survivant.

Et François Tosquelles, dans son livre, Le travail en psychiatrie[1], nous livre une analyse similaire : « l’homme, en faisant les choses se fait lui-même ».

Il fait même plus, il crée un monde alors que l’animal n’a que deux alternatives : s’adapter ou disparaître. L’homme est sorti du monde animal par le travail qui s’organise immédiatement de façon collective. Et pour synchroniser toute cette entreprise de maitrise ou de possession de la nature, le langage était rendu nécessaire.

De ce fait, l’homo-sapiens est un animal doublement aliéné. Notre essence fait de nous des animaux aliénés par un travail socialisé et par le langage.  Mais nous souffrons tous d’une sur-aliénation sociale et psychopathologique. Et si l’on suit la naissance de l’aliénisme nous remarquons que ces aliénés que Pinel détachera sur les conseils de Pussin, le premier infirmier psychiatrique, et que Bleuler un siècle plus tard nommera schizophrènes, se singularisent depuis la Révolution industrielle, autant par leur incapacité à faire face aux cadences industrielles que par leur relation autistique au langage,  laquelle peut aller jusqu’à la jargonophasie que Kraepelin épingla comme démence précoce.

La grande différence entre Kraepelin et Bleuler, c’est que le premier n’imaginait pas une seconde qu’il puisse y avoir des effets de l’aliénation sociale sur l’évolution de ses déments précoces. Alors que le second, Bleuler, originaire du monde paysan de la région de Zurich, de tradition familiale révolutionnaire, première génération à pouvoir rentrer à l’université allemande de Zurich a choisi volontairement la psychiatrie pour qu’enfin un psychiatre de l’asile de Zurich, parle le même dialecte que la grande majorité des patients. Et il ouvrit les premières ergothérapies pour lutter contre la sédimentation asilaire, et nous livra une œuvre incontournable.

 

C’est pourquoi Jean Oury insistait sur le concept de pathoplastie : la clinique qui se présente à nous tous les jours, est le visage souvent terrible de cette intrication entre les troubles psychopathologiques et les effets plus ou moins ravageurs de l’aliénation sociale.

Toute la pratique de Jean Oury à la clinique de La Borde et toute son œuvre théorique est traversée de part en part par une critique radicale et permanente du travail aliéné, qui, dans notre société, est le travail salarié.

Car ce dernier n’a rien à voire avec la dialectique du désir ; il en est même à l’opposé.

Pour Jean Oury l’objet de notre travail est de soigner le désir de ceux qui sont payés  pour être là, préalable à toute possibilité de remettre en marche celui des patients, surtout les plus fragiles, les schizophrènes, sans quoi ces derniers errent dans un nulle part qui les fait disparaître du monde social.

Critique du travail aliéné

Qu’est donc le travail salarié ?

Paradoxe de l’histoire, l’essence du travail salarié, nécessitait de renverser le système des castes médiéval, où le paysan était attaché à la terre du seigneur.

Mais au nom de « Liberté, Egalité, Fraternité », c’est la liberté de circulation des marchandises, et des hommes quand il vient à en manquer dans les zones de production, qui est le moteur de cette nouvelle organisation sociale.

L’artisan est tout à son affaire lorsqu’il prépare ou répare un objet. Le paysan sait qu’il doit respecter les rythmes saisonniers s’il veut pouvoir nourrir ses proches une fois que le seigneur et  l’église se seront servis.

Alors que la vraie vie du salarié moderne commence en dehors des heures qu’il donne contre son salaire.
Et la  Liberté s’arrête à la porte des lieux de production.

En d’autres termes, quand le salarié signe son contrat de travail en homme libre, il s’engage par là-même à laisser dehors les deux autres devises de la république : Egalité et Fraternité, si tant est qu’elles existent au dehors. Le salarié s’engage à se soumettre totalement à la hiérarchie.

 

Jean Oury revenait régulièrement sur sa rencontre avec Damien Cru le pierreux, tailleur de Pierre. Il me semble qu’il tire de leur échange sa légendaire boite à outils. Car ce qui caractérise ce travail artisanal, c’est que chacun a dans sa boite des outils qu’il s’est personnalisé. Les pierreux ont de plus une expression qui a fait sa joie : louper. Un pierreux loupe son mur, le regarde de loin, fume une clope, l’étudie sous un autre angle et se met au travail quand il sent que ça y est. Ils habitent, en quelque sorte, le mur à tailler. Comment nos gestionnaires arpenteurs peuvent mesurer le temps qu’il faut pour louper un mur ? Dans leur cotation ubuesque des actes d’un poste de travail, il passent à côté de ce qui compte, le travail invisible[2]. « Comment coter un sourire ? »

Mais ce renversement du rapport qu’entretient le travailleur avec sa force de travail qu’il vend désormais et ceci pour la première fois dans l’histoire,  entraine un autre renversement tout aussi important, celui du rapport à l’objet de son travail.

Contre son salaire, le travailleur s’automutile de sa force de travail, qui lui devient, tout comme le produit du travail, totalement extérieure et même interchangeable, par la force de travail d’un autre salarié ou par une machine robotisée.

Et parallèlement, le fétichisme de la marchandise coupe définitivement tout lien entre le travailleur et ce qu’il produit. La loi du marché et sa main invisible, font tout pour cacher la valeur sociale de la marchandise : secret bancaire et secret commercial.

 

Et si l’on croit que travailler en psychiatrie nous protège de ce fétichisme de la marchandise, la réalité des lieux de soins le rappelle régulièrement à qui veut bien le voir. Uniformité d’un mobilier industriel, sans aucune trace d’un espace habité, aussi propre que vide de sens… Notre travail consiste pourtant à faire de nos lieux de soin des espaces habitables, ceci n‘étant aucunement prévu dans la logique managériale.

 

Mais qui va être en charge de faire fonctionner cet édifice ubuesque de salariés ? La hiérarchie, qui affectionne de transmettre ses ordres via des notes de service et sanctionne ses brebis galeuses dans celles de fin d’année !

Car le salariat s’accompagne d’une division du travail croissante à commencer par la division entre travail manuel et travail intellectuel.

 

La psychiatrie de secteur

Les trente glorieuses (qui ne furent ni trente, ni très glorieuses), commencèrent avec la reconstruction de notre continent. Un fort courant de psychiatres, d’infirmiers, de psychologues milita pour transformer les conditions de vie des malades mentaux ce qui a aboutit à la circulaire définissant la psychiatrie de secteur du 15 mars 1960.

On oublie trop souvent une autre circulaire, celle du 4 Février 1958, signée par Houphouët-Boigny (alors député apparenté PC), mais écrite par François Tosquelles, qui autorise la circulation de l’argent et la responsabilisation des malades mentaux dans le fonctionnement du secteur via une association 1901 — le club thérapeutique — qui passe contrat avec l’Etablissement grâce au Comité hospitalier. (Je vous ai déjà rappelé les propos de jean Oury sur ce sujet)

 

Le terme « Psychothérapie Institutionnelle » a été utilisée pour la première fois par Daumezon et Koechlin en 1952.  Mais historiquement, deux mouvements ou plutôt deux temps se sont réclamés de la psychothérapie institutionnelle.

Jusqu’en 1960, toutes les équipes cherchant à humaniser les asiles et les ouvrir sur la cité se retrouvaient dans des rencontres régulières autour de Henry Ey et Georges Daumezon.

Les CMEA s’engagèrent dans des stages de formation s’adressant aux gardiens devenus infirmiers psychiatriques. Mais en 57, voyant comment les infirmiers sortant des stages de formation qui se heurtaient douloureusement à l’immobilisme hiérarchique de leur service,  Daumezon organisa les rencontres du Groupe de Sèvre qui s’est réuni plusieurs fois par an jusqu’à la crise d’avril 1959. Ce groupe rassemblait des chefs de service engagés dans le mouvement de la psychothérapie institutionnelle et donc de la psychiatrie de secteur, afin que les stagiaires des CMEA puissent choisir des services allant dans le sens d’une psychiatrie moins aliénante. La circulaire sur le secteur psychiatrie de mars 60 a été discutée et élaborée en son sein.

Et de la dernière séance du groupe de Sèvre, autour de la place des infirmiers dans la psychothérapie, restera cette fameuse phrase de jean Oury aux psychanalystes qui refusaient d’élargir le concept de transfert hors de la pratique analytique duelle : « les infirmiers ne sont pas plus cons que les psychanalystes » ! La remise en question de la division du travail aliéné est ici mise en exergue.

Elle l’était déjà dans le choix d’une équipe unique d’infirmiers, organisant la prise en charge intra- et extra-hospitalière des patients tout en évitant le clivage artificiel entre lieux de « parole » et activités « occupationnelles ». L’équipe unique permettait que toutes les taches de la vie quotidienne soient organisées collectivement par l’équipe des infirmiers et des malades ainsi que la continuité du lien transférentiel lors de la sortie d’hospitalisation, et vice versa.

Elle l’était encore à travers l’ouverture des ateliers d’ergothérapie si ceux-ci sont coordonnés par le Club thérapeutique dans lequel soignants et soignés participent aux fonctions de gestion et de décision.

Mais c’est au travers des week-ends des GTPSY, autour de François Tosquelles et Jean Oury, qu’ont été élaboré les différents concepts chers aux psychothérapeutes institutionnels pour qui le Club thérapeutique est l’élément central qui permet de soigner l’hôpital, les soignants et les soignés.

Ainsi, ce que l’on peut appeler le second mouvement de psychothérapie institutionnelle, va se caractériser par un concept central de Jean Oury,  celui de la double aliénation, et donc de l’articulation entre les deux jambes, la jambe marxiste dont je viens d’exposer quelques traits, et la jambe analytique, celle de la science du transfert. Sur ce point, Jean Oury imprima particulièrement sa marque, étant dans le premier cercle de l’école que Jacques Lacan fonda en juin 1964, avec son compagnon des GTPSY, Jacques Schotte. Jacques Schotte était le seul universitaire de la bande des GTPSY et a fondé une anthropopsychiatrie, nosographie psychiatrique qui permet dans un même système dialectique, de faire s’articuler la théorie analytique et la psychiatrie phénoménologique que nombre de mouvements lacaniens vouent encore aux gémonies.

 

Quel secteur psychiatrique ?

L’Etablissement psychiatrique est malade et la psychiatrie de secteur y perdra son âme si elle s’en détourne en vantant les vertus du seul extrahospitalier.

Pour soigner l’hôpital où se rencontrent les schizophrènes les plus déstructurés, il faut traquer  sans relâche les effets aliénants du travail salarié.

Le salariat demande des ça-va-de-soi, ceux qui exécutent les ordres hiérarchiques et préparent leur vie après le travail. Jean nous invite à tenter de rester des ça-va-pas-de-soi, ceux pour qui, hiérarchie et transfert ne peuvent pas faire bon ménage. Et cette distinction est opératoire dans tout milieu professionnel, mais est particulièrement importante dans notre spécialité médicale, car le transfert est le concept central avec lequel nous travaillons.

Le transfert dissocié des schizophrènes justifie tout l’échafaudage institutionnel que les équipes de la FIAC[3] essayent de mettre en place au fil des ans dans leur lieu de rencontre avec les patients. Quand une équipe met en place un outil de soins, avec un nombre conséquent, toujours ouvert à la nouveauté, d’institutions en articulation permanentes entre elles, pour favoriser les greffes de transfert avec les patients les plus fragiles, la prise en charge des pathologies moins lourdes n’en est que facilitée. Mais encore faut-il accepter que les patients puissent être d’excellents thérapeutes, empiétant alors la frontière fétichisée des sains d’esprits, payés pour être là, et des autres.

 

La psychothérapie institutionnelle est, en ce sens, une sorte de mise en place d’une société thérapeutique cherchant à lutter contre ces deux dimensions de l’aliénation sociale.

Lutte contre la  hiérarchique statutaire, avec ouverture de réunions où chacun pourra parler sans crainte de riposte hiérarchique. Lutte contre le statut d’irresponsabilité du malade.

La remise en question du fétichisme de la marchandise en instituant une circulation d’objets institutionnels, objets symboliques, objets de transfert d’autant plus possible qu’ils ont été institutionnalisés, qu’ils ont la densité de leur histoire.

La fonction club, à l’image des collectivités anarchistes ou des collectifs de travailleur dans les fabriques de l’Espagne de 36, est cet outil institutionnel qui soigne l’aliénation que le salariat impose. Les espaces et les objets que le club investit acquièrent une historicité que le fétichisme de la marchandise récuse.

« A quoi sert d’acheter des chaises si ça ne sert pas à parler ? » Encore une phrase choc de Jean Oury qui nous invite à devenir et tenter de rester des ça-va-pas-de-soi.

 

Les réunions

Ce qui caractérise ce mode d’organisation sociale, est en effet la multiplicité des réunions. Réunions de discussion, réunions de décision, d’organisation, de gestion, de reprise, etc. Lorsque cette dynamique sociale est mise en œuvre, éclosent alors toutes sortes d’autres moments de rencontre, informels ou formels.

Plus on fait de choses en commun, et plus on a envie d’en parler et de se parler. Et l’on retrouve ici les caractéristiques du travail non aliéné, essence de l’homme, et moyen de reconstruction des corps dissociés.

Logique opposée à celle du système économique qui régit notre vie, le capitalisme, aujourd’hui au bord de la catastrophe : notes de services, traçabilité du temps de travail, pyramide inflexible qui transmet les ordres en cascade, sous-traitance, et surtout, tous ces petits abus de pouvoir qui induisent un mode de relation de type sadique-anal, quand ce n’est pas plus franchement pervers ou despotique, tout ceci envahissant les établissements où le silence fait loi.

Lorsque l’on demande à des infirmiers d’ouvrir des espaces de gestion de la vie quotidienne avec les patients, on les expose à une fragilisation psychique qu’entraine la rencontre avec ce transfert mal foutu des schizophrènes. Ils sont également pris dans des transferts de groupe, et seuls des lieux pour en parler et une formation régulière peut les aider à assumer cette position éthique : nous sommes là pour prendre en nous une part de cette angoisse qui habite tous nos patients, afin de les accompagner dans la reconstruction d’une vie psychique et sociale que leur maladie a souvent énormément réduite.

L’accueil de la folie, tout simplement…Merci Jean…

 

frank.drogoul@Icloud.com pour http://psysoinsaccueil.canalblog.com/archives/2016/04/28/33732171.html

 

Notes:

[1]                     1 François Tosquelles, 1967, Le travail thérapeutique à l’hôpital psychiatrique, Toulouse, érès.2009

 

[2]                     Pascale Moligner, le travail invisible, dans la Revue Institutions

[3]                     FIAC : Fédération inter associations culturelles, fédère les équipes essayant de mettre en place une politique de secteur ou une organisation de lieu de soin ou médico-sociaux, autour d’une fonction club. La FIAC publie une revue, INSTITIONS, Revue inter associations culturelles.

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