Frère

Paskya – Les Métamorphoses du Désir – Détail

« Alors, qu’est-ce qui nous lie à celui avec qui nous nous embar­quons, franchie la première appréhension du corps ?
Est-ce que l’ana­lyste est là pour lui faire grief de ne pas être assez sexué, de jouir assez bien ?
Et quoi encore ?
Qu’est-ce qui nous lie à celui qui, avec nous, s’embarque dans la position qu’on appelle celle du patient ?

Est-ce qu’il ne vous semble pas que, si on le conjoint à ce lieu, le terme frère qui est sur tous les murs, Liberté, Égalité, Fraternité, je vous le demande, au point de culture où nous en sommes, de qui sommes-nous frères ?
De qui sommes-nous frères dans tout autre discours que dans le discours analytique ?
Est-ce que le patron est le frère du prolétaire ?
Est­-ce qu’il ne vous semble pas que ce mot frère, c’est justement celui auquel le discours analytique donne sa présence, ne serait-ce que de ce qu’il ramène ce qu’appelle ce barda familial ?
Vous croyez que c’est simple­ment pour éviter la lutte des classes ? Vous vous trompez, ça tient à bien d’autres choses que le bastringue familial.
Nous sommes frères de notre patient en tant que, comme lui, nous sommes les fils du discours. […] Notre frère transfiguré, c’est cela qui naît de la conjuration analytique et c’est ce qui nous lie à celui qu’improprement on appelle notre patient.»

Lacan, …Ou pire, leçon du 21 juin 1972. Inédit.

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